Et bien, finissons en. Je le savais, il espérait depuis longtemps voir se dessiner ces quelques mots sur mes lèvres. Et moi je n'éspérais plus rien. Il avait tout pour plaire, un joli visage, un regard mystérieux, des mains parfaites. Je l'avais rencontré sur une de ces terrasses de café, un matin de juin. Je m'en souviens comme-ci c'était hier. Il était seul à une table, journal en main, l'air désinteressé, tournant et retournant indéfiniment sa cuillère dans son moka. Nous avons terminé ensembles, ma tête sur son épaule, assis au bord d'un quai de Seine. J'admirais son air désinvolte et sa légèreté, qu'il prenait sans savoir. Il avait eu une jeunesse dorée, remplie de débauche et de facilités. Il était ma perfection au masculin. Mon double. Je me serais jetée à corps perdu pour lui. Du moins c'est ce que je croyais. Notre relation à commencée à s'écailler, morceaux par morceaux, tel un vernis gardé trop longtemps sur soi. Nous ne pouvions plus nous supporter. Il partait tôt le matin, sans dire un mot et rentrait la nuit défoncé, ignorant ma présence. Sa table de chevet conservait encore la trace des rails de la veille. Le mot dégoût avait remplacé le mot aimer de notre vocabulaire.
Adossée à la fenêtre, clope à la main, j'avais envie de me laisser happée par l'apesanteur du vide.
Saloperie d'amour. Cette romance était méprisable, comme toutes les autres.